La nécessité de la recherche

La nécessité de la recherche

Par Quil

Quand je jette un oeil aux nombreux forums, chatrooms et sites web qui composent la prétendue werecommunauté, je constate le manque de recherche. Sur ces écrans aux tons violets et noirs, il semblerait que les gens acceptent l’ignorance. Les “thérians” paresseux demandent ce qu’est un polywere, ou pleurnichent sur leur sort, “Quel animal suis-je?” Ce que j’en dit? Qu’ils cherchent.

Si tu es une personne animale et que tu es en train de lire ceci, réfléchis deux minutes. As-tu parcouru le net, la bibliothèque, et ta propre mémoire pour trouver des informations sur l’animal que tu es? Je trouve que certains “weres” ne savent absolument rien sur leur âme supposée. “Oh, oh, je suis un l0up! Les L0ups sont solitères et vraiment toujours tré tré seuls! Ils vivent dan la jungle, c’est trop c00l!!11!!!1one!1!!” (sic) C’est pathétique.

La thérianthropie nécessite plus de recherche, et je le dis en toute honnêteté. Les anciens comme les nioubis doivent se sonder d’un bout à l’autre. Parce que, franchement, comment peux-tu dire que tu es un requin quand tu n’as lu qu’un ou deux livres et 25 pages web?

Il faut que les gens se débarrassent des clichés qui entourent leur animal. Certains mythes erronés à propos de certains animaux subsistent. Si tu dis que tu es une chouette, penses-tu devoir être sage? Ou as-tu réellement cherché les caractéristiques de la chouette et conclu qu’elles te correspondaient?

Et si tu n’es pas un thérian, ce n’est pas grave. Sincèrement. Tu peux toujours être une personne formidable. Tu peux toujours pratiquer le “shapeshifting” (métamorphose mentale ou spirituelle en un animal dans les traditions chamaniques), tu peux toujours être un passionné d’animaux. En fait la thérianthropie n’est pas la meilleure chose au monde.

Continue juste d’étudier. Continue d’apprendre. Continue de bondir ou miauler ou hurler ou faire ce que tu fais, quoi que ce soit. Mais fait des recherches.

Des carnivores relax?

Des carnivores relax?

Par Swiftpaw ©1999-2003 sur Swiftpaw’s Tree

Je n’ai pas écrit depuis un moment. Presque trois mois, avec pour seule raison le fait que j’avais des questionnements personnels à poursuivre. Eh bien, maintenant c’est fait. J’ai planifié les cinq prochaines années de ma vie, gravées dans le marbre, et il ne me reste que les détails à régler…

Des détails comme “quelle est la vraie raison pour laquelle je n’ai rien écrit”.

Mais j’ai le sentiment que ça sera pour un autre essai.

J’ai du mal avec la méditation. Je peux ralentir le rythme ou accélérer facilement, mais apparemment la capacité à parvenir à un arrêt complet ne fait pas partie de ma configuration de base. J’en discutais avec une amie, une thériane-louve, et elle était d’accord.

Lors des méditations guidées, aux ateliers en groupe, lors de visualisations, souvent on nous demande de trouver le lieu où l’on est le plus détendu, le plus en paix. J’ai fait beaucoup de choses cette année que je pensais être relaxantes comme arracher les mauvaises herbes, courir, ou lire au soleil. Durant chacune d’elle, mes pensées allaient à cent à l’heure. Je ne pouvais que penser à ce qui viendrait ensuite, ou me souvenir de ce qu’il s’était produit auparavant.

Je ne suis jamais vraiment seulement dans le présent, à moins d’avoir un objectif immédiat qui demande l’attention de toute mon intelligence. Et même à ce moment, je m’imagine souvent comment cela sera lorsque j’aurais accompli cette tâche, et quelle sera ma récompense.

Je pense que les carnivores ont de manière générale une excuse valable pour ce comportement. Par définition, la vie au jour le jour dépend de leur nourriture. Trouver un abri est en option, l’eau abonde, le sommeil peut être repoussé. La nourriture est nécessaire pour vivre. Un carnivore, en particulier un félin solitaire, doit faire tout le travail de chasse par lui-même. Il n’y a pas de meute, pas de régurgitation des proies pour les petits. Une proie est repérée, poursuivie, tuée, dévorée, et ensuite le félin doit aller de l’avant.

Je ne peux pas parler pour tous les félins, mais pour moi la détente est le contraire de la tension. Le seul moment où je n’ai aucun stress est l’instant juste après ma “chasse” ou que j’ai atteint mon objectif. Je peux m’imaginer parvenir à mes fins, dans un vaisseau spatial volant assez haut pour que la gravité cesse, et regarder le ciel passer du bleu au noir, et me sentir en cet instant entièrement épanouie.

Et ensuite, je le sais, je serais immédiatement à nouveau tendue. Il y aura un autre objectif – aller plus loin, découvrir d’autres lieux, les utiliser, trouver comment y vivre. Tout ceci n’est pas juste théorique, cependant. Je peux faire du sport à la salle du coin et, quand j’ai terminé mes exercices, aller me reposer dans un bon bain chaud.

Il n’y a rien de plus emmerdant que de rester là dans une baignoire. Même quand je me “relaxe”, je ne peux pas simplement me concentrer sur mon corps; “shifter”, comme on pourrait dire, sauf que shifter en jaguar me donne envie de sortir du bain et de m’agiter à nouveau. Le mélange que je suis n’est pas fait pour rester au même endroit, à moins que je sois en train de prendre des notes, en train d’écouter quelqu’un, ou d’observer les foules. Et quand bien même, je prends des notes dans ma tête, enregistrant des trucs pour plus tard. Il faut que je donne du sens à tout.

C’est peut être la survivance de certaines attitudes venant de ma mère, donc après avoir passé quelques années loin de la maison je veux bien ré-examiner tout ça. Mais pour l’instant, c’est une constante. Du mouvement! Du challenge!

Je pense que je m’en sortirai bien au camp d’entraînement des recrues.

Ce n’est pas la référence au camp d’entraînement mais le besoin de mouvement sporadiques sur le court-terme qui me rappelle les histoires de nombreux animaux captifs (auxquels je m’identifie fortement) qui, pour une raison quelconque, se mettent à arpenter leur cage de long en large, névrosés. Les animaux que j’ai observés faire cela n’ont pas de but; ils marchent, je pense, parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. Mais je peux m’imaginer le faire avec un but à l’aller comme au retour.

J’en reviens à la méditation, à trouver la “paix de l’esprit” – dans ce but j’ai parfois réussi, et j’ai réalisé immédiatement que j’ai fait taire mon esprit. Et je me met à penser à toutes ces choses que je pourrais être en train de faire, tous ces projets inachevés, tous ces gens que je n’ai pas encore appelé ou parlé avec, tous ces essais que je n’ai pas encore écrit. La méditation, le ralentissement, la concentration – se concentrer, pour moi, est inextricable du mouvement. Quand je vais en avant, je bouge tout mon corps. Tout mon être. Constamment shiftée, je me vois au mieux comme un jaguar anthropomorphe.

Cela revient, je pense, à mes efforts passés vers la “projection astrale” ou “voyage chamanique”. J’ai essayé pendant des heures de me détendre, de quitter mon corps, de m’imaginer ailleurs. Bien que je puisse prétendre être ailleurs pendant longtemps quand je marche, que je cours ou que je somnole, mon corps est toujours avec moi. Je suis rarement complètement déconnectée. Même quand je suis jaguar, quand je suis complètement shiftée, ma conscience se concentre sur comment je bouge, mes expressions faciales, et plus particulièrement la manière dont le mouvement traverse mes épaules de part en part.

Le jaguar ne me semble pas être un félin statique. Shifter est toujours dynamique, toujours en mouvement, et même dévoré par la folie furieuse, la rage pousse à courir, à soulever des poids, à faire des pompes. La capacité du jaguar à être souple dans ses relations est tout aussi importante; adaptable sans être rancunière, et capable de réagir face à n’importe quel coup dur qui lui arrive. Je vois aisément ces attributs positifs comme étant ceux des carnivores et, à moins de l’avoir oublié, les jaguars ne sont résolument pas des chats de compagnie. Toute la culpabilité au monde et les plaintes de “pourquoi sommes nous tous des prédateurs?” n’y changeront rien.

 

Sous l’arbre

Sous l'arbre

Par Swiftpaw ©1999-2003 sur Swiftpaw’s Tree

Je suis un jaguar. C’est l’un de ces trucs bizarres. Si je pouvais me transformer en une chose, n’importe laquelle, ce serait un jaguar. Complètement non-anthro et ayant l’intelligence d’un jaguar, tout simplement parce que c’est ça être un jaguar, pour moi. Exister.

Je suis sortie et je me suis allongée derrière dans le jardin à la nuit tombée, sur le sol en brique dans le coin et sur le dos, les genoux fléchis et le plat des pieds reposant sur le sol. L’hiver approche. Ils ont annoncé le premier vrai gel cette nuit et la température tombera probablement aux alentours de zéro.

J’aime le froid. Je préfère me sentir au frais plutôt que me sentir au chaud. J’aime être dehors quand il fait nuit et froid, et j’aime être seule. Sans trace de civilisation.

Le dernier truc en date qui m’ait énervée c’est la télévision, parce que je ne l’avais pas regardée depuis tellement longtemps; et donc je suis allée voir Dans la peau de John Malkovich quelques minutes, et j’ai éteint à cause de la publicité. C’est répugnant, et ça m’énerve que mon frère laisse mon neveu passer autant de temps à regarder la télé.

Je suis donc allée dehors et le jaguar est revenu. Parfois je me sens juste un peu plus “chat”, et parfois je suis submergée par le jaguar si fort que s’il y avait un moyen de me transformer, j’aurais sauté par dessus la clôture et aurait disparu.

J’étais allongée sous l’arbre et mes yeux s’habituaient à la luminosité. J’avais fait du taekwondo sur l’herbe mouillée donc les jambes de mon pantalon étaient humides, et mes pieds me démangeaient à cause des petits grains de terre collés qui séchaient; mais j’ai simplement posé mes pieds par terre et j’ai levé les yeux vers l’arbre.

Je pouvais voir le ciel sombre là-haut au travers du feuillage. Je vis en ville; les étoiles sont rarement visibles, et cette nuit ne faisait pas exception. I’l n’y avait donc que le contraste de l’arbre noir se détachant sur le firmament un peu moins obscur.

Chaque fois que je regarde les étoiles, j’ai envie de retourner chez moi, comme si c’était de là que je venais et qu’il fallait à tout prix que je les atteigne.

Et, pour tracer un parallèle clair et net, c’est exactement ce que je ressens quand je regarde des photos ou des illustrations de jaguars dans l’Amazone. Ce sont des félins aquatiques comme les tigres avec tout un tas de légendes sur combien ils sont doués à la nage. J’aime nager. Un peu plus tôt ce jour là j’ai regardé mon neveu à son cours de natation, et j’avais oublié à quel point je pouvais aimer nager au fond de l’eau jusqu’au bord.

Ce sont les choses les plus simples qui comptent, d’une manière tellement concrète qu’elles ne peuvent être expliquées, seulement ressenties.

Tout d’abord j’ai levé les yeux vers l’arbre et j’ai pensé “c’est comme ça que les jaguars se reposent au pied d’un arbre dans leurs petites tanières de buissons et d’herbes aplaties”. Et ensuite je me suis dit qu’il n’y avait pas de vent cette nuit. Les feuilles ne bruissaient pas.

C’est comme si les choses vivantes marchent par magie. Je sais que les gens appellent ça la science, mais il y a quelque chose de magique dans la compréhension du fonctionnement des atomes, et en expérimentant les lois de la physique pour voir comment elles s’agencent entre elles. Il y a trop de gens qui se prennent la tête à essayer de trouver les mots appropriés; parfois quels que soient les mots que l’on utilise, ça n’ira pas, alors pourquoi se donner cette peine?

Etre là-dehors, sentir les gros coussinets de ses pattes et une longue queue musclée – c’est là qu’est la magie. Etre sous un arbre me permet de ne pas avoir à penser aux choses auxquels je veux penser. Ne pas être scotché à la télévision de la chambre de ma mère et éviter l’éclairage cru de la maison donne un peu plus de sens à la vie.

Ou bien, pour expliquer ça plus clairement, cela rend la vie plus réelle d’une manière qu’on ne peut pas atteindre en étant à l’intérieur.

Je pensais à écrire tandis que j’étais allongée sous l’arbre, et j’ai rencontré un paradoxe intéressant dans ma tête. Je me narrais à moi-même ces différentes pensées qui me traversaient, ce que je fais souvent quand je projette d’écrire quelque chose.

A ce moment, en premier lieu je voulais me ruer à l’intérieur et me jeter sur l’ordinateur pour taper ce que je ressentais. Mais j’ai réfléchi un instant, parce que les pensées venaient à moi librement, sans contraintes, et dès que mon ordinateur et Microsoft Word me sont venus à l’esprit, et la forte lumière blanche du fond d’écran, mon esprit s’est arrêté de fonctionner.

Tout s’est arrêté. J’étais bloquée à cause du medium.

J’écoute de la musique tandis que je tape ces lignes. La techno colle à la vitesse et au rythme de mes doigts sur les touches du clavier, je peux taper à l’infini avec cette musique, et me distancier un peu du medium que j’utilise. Mais il y a toujours une certaine dureté, ces lignes droites et éléments rectangulaires qui interfèrent même quand je ne pense à rien.

Le monde extérieur ne semble pas fonctionner avec des lignes strictes et des boîtes. D’une certaine manière, probablement, mais tout semble cinétique et fluide quand je suis allongée là à sentir le sol froid et l’air vif.

Tout ce à quoi j’ai pensé pour cet essai, quand je me suis assise et que j’ai commencé à écrire, c’était de dire aux gens d’éteindre leur ordinateur et sortir un peu, et de simplement être ce qu’ils sont. J’ai du me retenir de rentrer jusqu’à ce que je sois vraiment prête à retourner à l’intérieur, et m’empêcher de regarder ma montre pour surveiller l’heure.

Au bout d’un moment, allongée là, les yeux levés vers le feuillage, à penser et me détendre et être jaguar, je n’avais même plus envie de rentrer ou de regarder l’heure. La magie n’est pas dans un processus minutieusement préparé ni dans le résultat final, la magie se trouve dans la manière qu’une idée germe et que les projets naissent. La magie fait voler les avions.

L’avenir de la thérianthropie online

L'avenir de la thérianthropie online

Par Swiftpaw ©1999-2003 sur Swiftpaw’s Tree

La communauté Otherkin vient juste de subir une série de scission de la part de certains de ses membres les plus impliqués et justes, qui y étaient depuis le début. Les autres ont maintenus des sites informatifs ou des forums. Il semble qu’il y ait en ce moment, au sein de plusieurs communautés onlines, un retour de bâton à l’encontre de la tolérance grandissante envers les nouveaux venus qui ne correspondent pas vraiment à la définition traditionnelle du mot mais qui rappellent tout juste assez pour le définir, ou touchent juste assez au culte aux divinités pour être légitimes, ou (dans le cas de la communauté were) aiment juste suffisamment un animal pour se proclamer “were”.

Je pense que nous avons besoin de nouveaux mots, oui. Je ne pense pas, après avoir réfléchi à tout ça un bon moment, que cela empêchera quoi que ce soit. Il y a déjà plein de gens qui se précipitent sur les termes temporaires créés de toute pièce, et qui les condamnent. Il y a tout un tas d’autres personnes qui disent que tout va bien et qu’ils ne veulent rien changer.

Peut être est-il grand temps, pour ceux qui sont réellement *hoquet* sérieux au sujet de la thérianthropie au sens le plus extrême – ceux qui ressentent en eux des âmes animales ou sont totalement des métamorphes – de s’appeler par ce qu’ils sont. Je conserverai le terme thérianthrope, bien que je puisse changer pour “thérian” comme plusieurs autres ont fait. C’est le mot “were” qui doit disparaître.

Ou peut-être que ce sont les plus vrais d’entre nous qui doivent quitter le navire en perdition.

Au diable parler de ces choses à tout le monde. Ne t’embête pas à te définir avec un terme. Au mieux, si quelqu’un te le demande, dis leur que tu es un animal. La communauté Otherkin se composait autrefois du groupe originel d’individus qui se croyaient affiliés par le sang (d’où le “kin”) aux elfes. La communauté thérianthrope se composait autrefois du groupe originel de personnes qui pensaient être complètement, au plus profond de leur âme et leur esprit, des animaux dont le seul rapport à l’humanité était leur enveloppe physique.

Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose?

Je pourrais tracer le parallèle avec la communauté Wicca (ignorant la sorcellerie traditionnelle et le reste des religions de la nature) en disant que les Gardneriens et les Wiccans Alexandriens qui traversent un rite initiatique et savent ce qu’ils pratiquent sont les Wiccans originels et que quiconque se pavane en rendant le culte à tout et n’importe quoi est un imbécile.

Je ne veux pas que quelqu’un débarque et me dise qu’il est persuadé d’être un félin mais qu’il ne sait pas quelle espèce. L’intérêt de la communauté thérianthrope au départ était de permettre à un groupuscule d’animaux sociaux à peaux humaines de se retrouver et dire “waou, il y en a d’autres! discutons!”.

Le but n’étais pas d’être plus were ou d’avoir toutes ces attentes, comme c’est le cas maintenant. J’ai découvert cela il y a quelques temps alors que j’étais dans un Chat et que l’on s’attendait à ce que je réagisse complètement comme une humaine. Personne ne s’attendait à ce que je me comporte comme un félin, et au lieu de cela ils voulaient que je leur dise telle ou telle chose, que je les aident, que je leur montre comment être comme nous.

Ce n’est pas ce que je souhaite. Cependant, je n’ai pas envie d’être entièrement isolée dans un groupuscule sans jamais rencontrer personne dans la vie réelle… mais je me rends de plus en plus compte que les thérianthropes sont vraiment aussi rares qu’ils sont sensés l’être statistiquement parlant. Tous les humains n’ont pas d’animal en eux. Bien sûr, certains d’entre eux s’en rapprochent ou agissent en tant que tel ou possèdent même l’un de ces calendriers sur les loups, mais tu peux aimer une chose à la folie sans être cette chose.

Pour en venir au fait, je connais cinq ou six personne en qui j’ai suffisamment confiance pour les rencontrer. Peut être une dizaine d’autres qui vivent aux quatre coins du monde, la moitié d’entre eux en dehors des Etats Unis. J’adorerais rencontrer ces gens, mais qu’en est-il des autres? Bien sûr, il y a les autres; mais ils ne sont pas assez répandus pour que je les croisent dans le coin et les saluent de la main en passant près d’un pâté de maison.

Rencontrer d’autres animaux à corps humains ne se produira pas pour la grande majorité de ceux qui atteignent tout juste leurs vingt ans, et qui, bien qu’ils aient été présents sur les forums tous les jours, aient postés et soient devenus des vétérans des guerres de polémiques, partent à l’université. La réalité existe là-dehors et la plupart d’entre eux s’en iront et oublieront ces conneries “lupines”, bien qu’ils puissent continuer d’apprécier les loups suffisamment pour garder leur calendrier sous la main.

Tout le monde n’est pas un were. Je n’en rencontrerai probablement jamais de ma vie, si je décroche un jour d’Internet, à moins d’écrire et publier quelque chose, ou de rejoindre les bons milieux. Je sais qu’il est plus facile de les trouver dans le domaine de la biologie… peut être même le service publique, bien que d’après la liste de personnes qui s’inventent des excuses sur les forums pour ne pas avoir à garder leur ville propre d’une manière ou l’autre, probablement pas. La plupart des gens online veulent gueuler sur des virgules, le lycée, les persécutions religieuse et les zhumains.

Je veux juste râler à propos du manque de sincérité. Ma conclusion à propos de toute cette histoire de terminologie est que toute cette foutue communauté dans son intégralité est en train de sombrer comme une épave. Et, surprise-surprise, il y a quelques jours je suis retourné sur alt.horror.werewolves et j’y ai trouvé des discussions potables.

Je fais mieux de rendre service à ma communauté dans ma ville, en votant, en envoyant des dons aux fondations qui le méritent, en obtenant un diplôme en sciences ou en biologie, en écrivant des histoires et des articles pendant que je fais mon service dans l’armée, et de manière générale en publiant online des trucs à mon sujet sur le fait d’être non-humaine, afin que d’autres puissent me trouver s’ils sont intéressés. C’est ce qu’était alt.horror.werewolves au départ, en fin de compte.

Voila ce qu’il en est.

Personnes animales

Personnes animales

Par Swiftpaw ©1999-2003 sur Swiftpaw’s Tree

Si seulement il y avait des personnes animales ici. Je ne veux pas avoir à exprimer clairement ce que je ressens. Je veux cette affinité. J’ai l’impression d’être complêtement seule et qu’il n’y a personne d’animal dans le coin. Personne qui ne le comprenne. Je veux des gens ici, en classe à l’école, pour aller au ciné avec ou manger un morceau.

Ca craint de l’avoir fait seule.

Non. Je ne le faisais pas seule. Je l’ai fait avec des personnes animales et des gens sympas online, mais il y a toujours quelque chose qui manque ici. Les personnes animales me manquent. Personnes-qui-sont-animales. Swift-qui-est-heureuse-avec-le-Jaguar. Je suis une personne animale.

Je ne suis pas en train de dire que je rejette tous ceux que je connais online. Je veux qu’ils soient, plus que tout, ici, debout à mes côtés. J’aimerais les voir dans la vraie vie, les voir face à face, et qu’ils comprennent. Ils comprendraient.

Je veux cet aspect dans ma vie.

Je pense, plus que tout, que je le veux pour mes parents. Pour mon père ça va. Il est calme et il reflechit. Il attends d’avoir tous les faits, et généralement quand il prend un décision finale, je dois travailler dur pour la feinter, mais je peux, habituellement grâce à l’avantage que j’ai de ne pas cesser de débattre. Il a des perspectives.

C’est ma mère que j’aurai souhaitée différente. Un ami m’a dit que les bizarreries de caractère des autres sont les pires choses auxquelles on a affaire, et il a bien raison. Ma mère ment. Elle ment quand ça l’arrange, elle prend des raccourcis pour se faciliter les choses, elle se balade dans la maison en buvant de l’alcool et mangeant des trucs apéritifs, en en faisant tomber un peu partout. Elle me dégoûte.

Je ne veux pas vivre ici avec elle, mais je ne veux pas vivre avec mon frère chez mon père. Alors j’attendrai ici. J’aurais aimé qu’elle ne soit pas aussi basée sur la parole. Elle est du genre à rester au téléphone et juste dire “ouai, ouai, ouaiouaiouai, ouai…” sans le penser. Elle dira quelque chose et son visage ou le langage de son corps en dira une autre.

Elle est coincée dans ce “qu’est-ce que les autres veulent que je sois?”, et elle se met en colère quand j’aborde le sujet. Ce qui est compréhensible.

Je veux juste être capable d’être sur la même longueur d’onde que quelqu’un et ne pas même avoir à dire ce que je pense, parce qu’il le sait déjà. Pourquoi je pense que c’est possible? Parce que j’ai Nona, Watching, Saber, Jesh, Greyhawk, et Crit. Et ils le font tous les jours.

J’étais sur le groupe de discussion NWHowl depuis un moment, et j’ai réalisé que je les tuerais probablement tous si je terminais dans les bois avec eux pour un weekend. On dirait qu’ils sont tous humains sur les forums, il n’y a rien d’animal. Pourquoi ça?

Peut être est-ce parce que ma première réaction aux choses est exprimée par les émotions et le langage du corps, pas en mots. Il est dûr de parcourir le chemin nécessaire à tout mettre en mots. C’est seulement parfois, comme maintenant, que je ne suis pas en train de penser pendant que je tape ceci, que je peux dire quelque chose et que ça ait du sens en fait. Crois le ou non, la plupart du contenu de ce site n’a jamais été éditée. L’orthographe est bon, la grammaire correcte, et c’est tout. Ca va directement de mon esprit à la page.

Je veux vivre la vie en sachant que je peux tendre le bras, attraper le télephone, et rencontrer une personne animale en ville pour que l’on aille trainer à Pioneer Square et discuter. Apprécier la vie. Ne pas être si à cheval sur “ce qui est bien”. J’ai lu que Saber faisait une Howl avec quelqu’un qu’elle a rencontré et je suis jalouse. Le mieux que je puisse faire c’est m’assoir quelque part et regarder les gens passer, me demandant combien de personnes animales passent devant moi sans me voir. Sans que je les voie.

Je pense que nous sommes plus rares que nous ne le croyons. Je crois vraiment qu’il y a des lieux qui nous attirent. Houston, la Floride, le Colorado. Il y a plusieurs d’entres nous là bas à cause de l’environnement, à cause des gens, à cause du lieu.. ou parce que nous savons que d’autres sont déjà là, et nous déménageons pour les rejoindre, parce qu’ils sont comme nous.

Suis-je en train de rêver?

Je ne crois pas à ces meutes de weres lycéens. “On n’est pas rares, il y a deux loups, un jaguar, un phénix et un dragon dans mon lycée!” Peut être qu’il y a quelques chanceux, et je sais que j’ai oublié des gens du passé dans ma vie avec lesquels je me suis arrêtée, échangé quelques mots, puis continué ma route. Ils sont dans le coin, ils sont simplement rares.

Je suis rare. Je ne suis pas en danger, pas au bord de l’extinction. Simplement rare. Difficile à trouver. Comme les jaguars en Amazonie. Combien sont-ils? Où vivent-ils?

Tu savais qu’il y avait des jaguars dans les Andes, vivant loin de la lisière? Je ne suis pas un chat des jungles. J’ai réalisé ça l’autre jour, en pensant aux climats. Je viens de l’Oregon. Je suis Suisse. J’aime les montagnes, l’air frais, la neige l’hiver. J’aime escalader. Je veux aller là où il y a de l’espace. L’espace est mon chez moi. Les hauteurs sont ma maison.

Tout sauf ici est chez moi.

Est-ce que le jaguar est le résultat d’avoir été élevée par des parents divorcés? D’avoir été élevée avec des chats? Est-ce une impensable vérité que ma mère, si cinglée elle-même et probablement chat, est une cause de moi pensant être un jaguar?

Je ne pense pas venir des étoiles. Je sais que j’ai eu l’estomac noué quand je suis allée au planetarium, parce que je voulait atteindre les étoiles et les toucher. Je peux te dire leurs noms, je peux te dire les constellations auxquelles elles appartiennent, et je peux te dire ce que ça serait d’aller de planète en planète. Est-ce que c’est le résultat de trop de science-fiction? Est-ce que je lis trop de furry?

L’espace est ma maison. J’irai là bas, un jour. Ca n’a rien avoir avec être un jaguar, je pense. Ma vie est constituée d’un paquet composants.

Je parlais à Nona et nous discutions de félins, et je me demandais si la capacité de me shifter en animal, mentalement, à n’importe quel moment de la discussion – était-ce parce que j’étais un chat? Je peux tout arrêter, et je peux être passionnée. C’est ce qui m’a foutue en l’air à l’école. L’école était elle là pour me forcer à être capable de supporter des insultes et arrêter de m’en faire dans la vie?

Je ne lis plus les forums. Je reste à part et parle avec des amis online, et je trouve les quelques personnes qui ont été élevées comme je l’ai été – lisant le soir dans leur lit, ne se préoccupant pas de la télévision, détestant la stupidité et dédaignant la nourriture de fast-food. Pourquoi sommes nous si rares? Est-ce le jaguar qui me fait si différente, ou est-ce ma différence qui fait de moi un jaguar?

Au plus profond de mes pensées, instincts et réactions premières, que suis-je?

Les Greymuzzles

Les Greymuzzles

Par Swiftpaw ©1999-2003 sur Swiftpaw’s Tree

Qui étaient-ils.

Il était une fois un groupe de discussion affectueusement désigné sous le nom de alt.horror.werewolves. C’était un carrefour florissant pour des discussions réellement profondes, mais tandis que le temps passait, il a lentement été envahi par des trolls et autres qui n’en avaient rien à faire.

La plupart d’entre eux se sont éparpillés. AHWw a été remplacé par de nombreux groupes de discussion, forums et chats différents; chacun avec un degré de succès variable. Mais il y a quelque chose qui est encore de ce monde depuis AHWw qui a continué à exister au travers de cette stupide définition “d’ancien”, c’est l’expression argotique “greymuzzle”.

Tu peux tout de suite deviner que ce sont les toutous qui ont imaginé cette merveille. Je veux dire, sérieusement. Nous autres félins n’avons de respect pour personne qui ne l’a réellement, vraiment gagné (et quand nous respectons effectivement, c’est éternel) … les ursidés je n’en ai rien à faire de toute manière, et le reste du merveilleux règne animal a le choix.

Mais les loups… eh bien, ils semblent assimiler le mot “greymuzzle” à “alpha” et se précipitent aux pieds du supposé gourou dans un abandon total. Ils se prosternent et lui lèchent le cul, et cela se transforme en lutte pour le pouvoir.

Ceci était comment les choses se sont déroulées pendant un temps, mais ensuite il y eût ceux qui vinrent dans la communauté et désirèrent ardamment le pouvoir, sortirent de grands mots et s’auto-proclamèrent chefs. Cela engagea des guerres et des affrontements, et tout le monde avait la haine.

La combinaison de “greymuzzles” et “nioubis” dans chaques camps de toutes les querelles tua plusieurs groupes de discussion, et émergea ensuite cette faction qui fronçait les sourcils à quiconque se désignait lui-même comme étant un “greymuzzle”, “maître”, “mentor” ou “ancien”. Parce que forcément, cette personne devait être un poser.

Et les posers ça craint.

Tout comme l’argot d’aujourd’hui.

…….

Où allèrent-ils.

Mais le terme “greymuzzle” semble être passé à la clandestinité.. tout comme les vrais greymuzzles. J’ai vu plusieurs gens dignes de confiance, honorables, merveilleusement intelligents et que j’aimais, disparaî trent de la surface. Ils quittèrent juste la communauté … et je n’ai jamais compris pourquoi, jusqu’à ce que je réalise que les groupes de discussions et forums étaient en train de tout débattre encore et encore et encore et encore, répétant les mêmes conversations mois après mois après mois.

Alors j’ai quitté la communauté, et j’ai mis tout ce que je savais sur un site web… et ensuite après avoir démarré un site spécialement pour les félins pour aider les nioubis, après avoir rédigé des articles sur le paganisme et les shifteurs, après toute la merde que j’ai faite… j’ai reçu un e-mail.

C’était simple. Entre les lignes de “salut, je suis perdu, aidez moi”. Ok, ce n’était pas mauvais. Je leur ai donné des conseils, et me suis imaginée que c’était mon devoir en tant que camarade shifteuse de leur donner un coup de main. C’est comme ça que ça marche, n’est-ce pas?

Bon… tandis que je donnais des conseils, j’ai écrit des essais là-dessus et je les ai ajoutés à mon site. Si quelqu’un me posait une question sur laquelle je ne connaissais rien, je faisais des recherches sur le net, je méditais, et je me plongeais dans les bibliothè ques pour trouver des réponses, et quand c’était fait, j’écrivais un essai.

Et petit à petit, je me suis retrouvée àobtenir des questions qui n’étaient pas la stupide merde du genre “j’veux être un loup-garou” ou “tout ça est très vrai, que suis-je?”.

J’ai aussi réuni autour de moi des gens que je respectais vraiment et dont je me souciais, et pendant que je me surchargeais du souci d’aider chacun et donner des conseils, je suis tombée sur un idiot dans un chat une nuit qui se faisait des illusions à son propos avec des histoires que je savais absolument fausses.

Pourquoi savais-je qu’elles n’étaient pas vraies?

Parce que je sais des trucs de ma propre expérience et cela ne marche tout simplement pas comme il était en train de le dire. Alors je l’ai questionné sur ses conneries, je l’ai questionné sur ses shifts mensongères, et je lui ai prouvé ce que je lui disais, et j’ai appelé quelques amis pour m’aider, et on est restés là et on a parlé et il a compris quelque chose.

Je ne l’avais pas gavé d’informations, j’ai juste tranché net la merde de son petit esprit surprotégé et il a dit “merci”, et nous demanda ensuite où nous nous étions rencontrés.

Nous nous sommes en quelque sorte regardés tous les trois. Nous ne nous rencontrons nulle part. Nous nous rencontrons par les listes de contacts de chacun, dans les chats sur des coups de tête.. nous parlons quand nous avons besoin de parler, à propos de trucs were ou de religion, ou des choses normales relatives aux études.

Il était déçu, nous avons demandé pourquoi, et il nous a dit de but en blanc “je voulais juste savoir où je pouvais trainer avec des greymuzzles. Je ne pouvais pas en trouver un seul jusqu’à maintenant.”

Tu veux savoir où les greymuzzles sont partis? Tu veux savoir qui peut répondre à tes questions? Ce ne sont pas les gens qui vont sur les forums de discussions et tendent leurs mains et disent “viens, écoute moi, j’ai des conseils à te donner!”.

Non, ce sont ceux de qui tu vois des réponses profondes et dont tu penses que tu ne pourras jamais leur parler parce qu’ils ont compris un tas de trucs. Ce sont ceux qui ne veulent pas parler aux nioubis au betit bonheur la chance parce qu’ils se font crier dessus et moquer, et de nos jours, ils sont en minorité.

Si tu veux leur parler, vas trouver leur site web. Vas-y et trouve leurs adresses e-mail, et envoie leur un mail poliment. Pose une question spécifique, ou donne leur une idée de ce que tu veux. Eh, complimente les, même. Mais simplement ne te prosterne pas à leurs pieds et ne t’incline pas et ne leur donne pas de présents d’or et d’encens et toute cette merde. Je ne connais pas ]un seul greymuzzle, ancien, ou ce-que-tu-leur-donne-comme-nom, qui veuille ça.

La plupart du temps, ils veulent juste tendre la patte là où ils peuvent. Arrête de les rechercher sur les gros forums. Commence à les chercher dans les arrière-cours. A part quelques exceptions, c’est là qu’ils sont. Ce sont des loups, des jaguars, des faucons, des ours polaires, des cerfs, et tu obtiendras souvent une image plus précise de l’espèce à laquelle ils appartiennent qu’avec n’importes quelles autres personnes. Ca te fera commencer à te demander qui sont les vrais posers.

Souviens toi simplement, garde une attitude sceptique face à tout ce qu’ils disent. Et bonne chasse.